Christian pérore au duché

Janvier 2022 – Christian Perronne sert sa soupe antivax devant la Chambre des députés du Luxembourg, un événement grotesque qui a alimenté les réseaux sociaux en arguments fallacieux.

Contexte :

Mercredi 12 janvier 2022, Christian Perronne, Alexandra Henrion-Caude et Luc Montagnier – trois scientifiques français qui se sont régulièrement illustrés pour leur discours antivaccin – ont été invités à exposer leurs positions sur la vaccination anti-covid devant les parlementaires luxembourgeois (le lien vers la vidéo de l’audition est ici).

Si cette situation semble en apparence leur donner du crédit – ce qui n’a pas manqué d’être exploité par la sphère antivax – il n’en est rien. Elle repose sur un règlement de la Chambre des députés, obligeant à la tenue de ce genre d’audition lorsqu’une pétition publique recueille en ligne «au moins 4 500 signatures après 42 jours». Ce fut bien le cas pour deux pétitions, l’une s’opposant à la vaccination des enfants, l’autre à l’obligation vaccinale. Comme il est d’usage dans ce genre de situation, les pétitionnaires ont été autorisés à s’entourer d’experts ; ils ont donc fait appel à ces trois scientifiques controversés. Pour plus de détails, voir cet article.

Christian Perronne misant d’abord sur l’argument d’autorité, nous allons l’aider à compléter son CV

Malgré un temps de parole réduit, Christian Perronne prend le temps de dérouler son CV pour en faire un argument d’autorité, et l’assortit du fameux « Je ne suis pas antivaccin mais… »

Nous n’avons pas la faculté de saisir les motivations personnelles d’un tel individu à défendre ce qu’il défend, mais puisqu’il s’érige en expert du sujet, il nous faut apporter ici quelques faits complémentaires à son endroit.

Avant la pandémie, Christian Perronne s’est illustré comme notre « lyme doctor » français. Il est un grand défenseur de traitements à l’efficacité plus que douteuse mais aux effets iatrogéniques certains contre un « lyme chronique » très contesté par la communauté scientifique. Il est ainsi devenu le médecin de référence en France des personnes persuadées d’être victimes de cette pathologie, au risque de rallonger considérablement le chemin vers le véritable diagnostic de leur maladie (voir à ce sujet cet article).

Pour compléter le tableau, mentionnons son soutien à la théorie du complot voyant une origine politique à la soi-disant explosion « cachée » de la maladie de Lyme. Cette dernière serait d’ailleurs due à « une prolifération mal contrôlée de tiques trafiquées par un chercheur nazi réfugié aux Etats-Unis ». Pour davantage de détails, voir cet article.

« L’armée américaine et les scientifiques sous sa coupe ont tout intérêt à cacher l’épidémie puisqu’ils l’ont causée ou cautionnée ».

Christian Perronne (https://www.lejdd.fr/Societe/Sante/Maladie-de-Lyme-le-complotisme-applique-aux-acariens-810259)

Ce n’est malheureusement pas la seule théorie alternative que soutient Christian Perronne. Si ses liens avec l’association pseudo-scientifique, très décriée, Chronimed restent obscurs (son nom figure tout de même sur le procès verbal de l’assemblée générale constitutive de l’association en 2012), il n’en épouse pas moins les thèses qui y sont défendues. Il prétend, par exemple, que l’autisme peut se traiter grâce à un cocktail d’antibiotiques, d’antifongiques et d’antiparasitaires au très long cours malgré l’absence de preuves scientifiques sérieuses, attirant notamment les foudres de l’association SOS autisme France. A ce sujet, une enquête a été ouverte en 2020 pour «mise en danger d’autrui» concernant ces protocoles de traitement, qui implique Chronimed mais également l’hôpital de Garches où officiait Christian Perronne (voir ici et ).

Et depuis la pandémie ? La liste des contre vérités, des affirmations sans fondement et des propos polémiques dont il est l’auteur est très longue. Trop longue pour la développer ici. Pour résumer, nous dirons qu’il a beaucoup donné de sa personne pour désinformer les gens tant au sujet de traitements « miracles » anti-covid (hydroxychloroquine, artémisia…), que sur celui des vaccins ou de l’épidémie elle-même, donnant beaucoup de travail aux fact-checkers. En quelques mois, il aura réussi être démis de ses fonctions de chef de service par l’APHP tout en devenant l’égérie des complotistes.

Christian Perronne, caution scientifique du film Hold Up

Les « arguments » de Christian Perronne :

1. Le monde de la science est corrompu

« On a bafoué la science, on a bafoué le droit » […] les experts qui conseillent les politiques – qui ont des conflits d’intérêt majeurs avec les entreprises pharmaceutiques, ne fournissent zéro référence scientifique »

Selon Transparence Santé, de nombreux scientifiques du Conseil Scientifique Covid19 ont effectivement perçu une rémunération pour des interventions (essentiellement des conférences) entre 2014 et 2019. Cependant, ce serait faire un très gros raccourci que d’en déduire une remise en cause de leur indépendance d’esprit. Quant à l’absence de « référence scientifique », on se demande bien ce qu’insinue Christian Perronne étant donné l’accessibilité des études scientifiques – la pandémie ayant même vu la diffusion numérique des preprints afin d’accélérer le partage des connaissances sur le virus. Rappelons également que les données épidémiologiques sur la covid19 en France sont rendues publiques et actualisées très régulièrement par l’agence nationale de santé publique (santé publique France).

« Personne ne m’a mis en défaut sur aucune de mes paroles »

Les sous-entendus à peine voilés de Christian Perronne dépeignant un groupe de personnes aux conflits d’intérêts nombreux et agissant en « catimini » semblent ici refléter une certaine amertume à avoir été exclu du Conseil Scientifique. Bien qu’il utilise, pour se défendre, l’argument rhétorique devenu classique selon lequel on le taxe de « complotisme » faute de pouvoir le contredire, appelons un chat un chat, cette introduction en a bien les accents.

Celui pour qui l’Express titrait « y a-t-il une fake news qu’il n’a pas commise ? » semble atteint d’une forme d’amnésie sélective. Ignore-t-il véritablement tous les articles de fact-checking dont il fait l’objet ? En voici quelques exemples (la liste est très loin d’être exhaustive) :

Six questions sur le succès du livre du professeur Perronne

Réanimation, tests PCR, hydroxychloroquine: plusieurs déclarations du Pr Perronne sont fausses ou trompeuses

Est-il vrai que la létalité du Covid en France a été de 19% contre 6% aux Etats-Unis, comme l’affirme le professeur Perronne ?

Non, les personnes vaccinées ne doivent pas se mettre en quarantaine cet hiver

Il est vraiment très difficile de ne pas y voir une mauvaise foi qui confine au culot le plus odieux.

« Quand on a vu des publications scientifiques, on a vu des fraudes s’accumuler »

Christian Perronne semble enfin retrouver la mémoire pour la seule étude qui ait fait l’objet d’un scandale parmi le nombre considérable de publications portant sur l’épidémie (exception faite peut-être de celles de Didier Raoult et de ses protocoles boiteux). L’étude à l’origine de ce qui a été appelé le LancetGate a été rétractée assez rapidement après le début de la polémique à la demande de trois de ses co-auteurs. Que penser de cet épisode ? Certains y voient une volonté de la revue scientifique de faire le « buzz », d’autres une occasion d’expliquer que l’objectivité scientifique « est le fruit d’un processus de validation collective des résultats et, le cas échéant, de l’action correctrice que la communauté scientifique exerce sur sa propre production ». Quant à Perronne, il semble que ce soit avant tout l’occasion pour lui de confirmer ses penchants complotistes. Il est important de noter que les conclusions de cette publication – bien que rétractée – ont fait l’objet de nombreuses confirmations par d’autres études postérieures (voir cette méta-analyse).

Au sujet de ce que quelques-uns ont nommé Pfizergate, souhaitant probablement faire allusion à la controverse ci-dessus, rien de tel. L’affaire est révélée par cet article du BMJ. Elle met en cause Ventavia, un des sous-traitants de Pfizer-BioNTech employé pour les essais cliniques de phase III de son vaccin, pour de « potentielles mauvaises pratiques au sein d’un de ses laboratoires ». Contrairement à ce qu’affirme Christian Perronne, les médias français ont largement traité le sujet (voir par exemple ici ou ). Soulignons que seuls 2.3% des participants à ces essais sont concernés. Selon l’épidémiologiste Thibault Fiolet « cela ne remet pas en cause l’efficacité des vaccins, qui a été démontrée en conditions réelles dans de multiples pays et par de multiples équipes de recherche indépendantes entre elles« .

2. les médias corrompus

« Les [conflits] d’intérêts sont majeurs : le gouvernement français a donné 3 milliards d’euros aux médias depuis deux ans. »

Comment rendre crédible l’idée d’un complot scientifico-politique sans une presse aux bottes du gouvernement ? C’est certainement ce que sous-entend ici Christian Perronne. Une aubaine pour lui, l’État français a bien débloqué 5 milliards d’euros d’aide à la culture en 2020, dont 2 milliards à destination des médias. Les mesures sont détaillées dans cet article.

Pourquoi ? Le secteur de la culture a été sévèrement touché par la pandémie. Parmi l’ensemble des aides débloquées par l’État, il aurait été surprenant et injuste qu’une partie ne leur soit pas accordée. A titre de comparaison, ce sont 256 milliards d’euros qui ont été débloqués pour les entreprises. Notons également que le secteur des médias ne recouvre pas uniquement les médias d’information, loin s’en faut. A titre d’exemple, en 2020, le montant des aides covid allouées à la presse, tous secteurs confondus, s’élève à 666 millions d’euros.

3. Jouer sur la sémantique : ce ne sont pas des vaccins.

Adoptant un argument très répandu dans la sphère antivax, Christian Perronne l’affirme, les vaccins anti-covid ne sont pas des vaccins. Pour preuve, selon lui, ils seraient inefficaces. C’est un argument maintenant éculé et nous avions déjà abordé ce point de nombreuses fois dans ce même blog.

Répétons-nous donc.

La vaccination consiste à “éduquer” le système immunitaire en lui présentant des antigènes induisant la production de lymphocytes mémoires qui seront mobilisés en cas de rencontre ultérieure avec un pathogène présentant ces mêmes antigènes.

Cette définition correspond à celles admises couramment (voir par exemple celle de wikipédia, celle proposée par l’INSERM, celle du Larousse ou celle du trésor de la langue française…). 

Comme nous allons le voir, le principe de fonctionnement des vaccins ARNm répond parfaitement à la définition d’un vaccin : 

  • l’ARNm contenu dans ce vaccin contient le “plan de fabrication” de la protéine spike du virus SARS-CoV-2 responsable de la Covid19 (cet ARN correspond à une partie de la molécule d’ARN du virus). 
  • l’ARNm pénètre dans les cellules au niveau de la zone d’injection et sera traduit en protéine spike dans le cytoplasme par des organites appelés ribosomes. 
La structure au niveau atomique de la protéine de pointe SARS-CoV-2 dans sa conformation de préfusion.  Le domaine de liaison au récepteur, la partie de la pointe qui se lie à la cellule hôte, est coloré en vert.

Structure atomique de la protéine spike de SARS-CoV-2 dans sa conformation de préfusion. Le domaine de liaison au récepteur, la partie de la protéine spike qui se lie à la cellule hôte, est coloré en vert.

Crédit : Crédit : UT Austin, McLellan Lab

Notons qu’à aucun moment l’ARNm ne pénètre dans le noyau des cellules où se trouve le génome, et qu’il est rapidement détruit (d’où la nécessité de conserver ces vaccins à très basse température).

  • La protéine spike va jouer le rôle d’antigène qui induira la génération de lymphocytes mémoires anti-spike qui seront à même de produire, entre autres, des anticorps protecteurs. 

Il s’agit donc ici de reproduire une partie seulement de ce que fait naturellement le virus, c’est-à-dire faire synthétiser ses composants par la machinerie de la cellule hôte ; dans ce cas précis, seule la pièce “spike” est fabriquée – le virus ne peut ainsi être fonctionnel. 

Pour davantage de détails, voir par exemple cet article.

Et au sujet de leur efficacité alors ? Oui, l’efficacité de ces vaccins apparaît moindre sur le variant Omicron mais elle est loin d’être nulle tant contre l’infection que contre la transmission :

Selon cette étude par exemple les vaccins montreraient une efficacité de 65% contre l’infection symptomatique par ce variant. De nombreuses autres études en conditions réelles le confirment (pour une revue détaillée nous vous renvoyons à cette vidéo).

Bien que plus difficile à mener, il existe une première étude portant sur l’effet de la vaccination par vaccins ARNm sur la transmission de ce nouveau variant. Elle a analysé le taux d’attaque secondaire dans plus de 11 000 ménages danois en décembre 2021 et montre une transmission réduite pour les personnes entièrement vaccinées.

« Plus de 90% des personnes en réanimation sont des doubles, triples vaccinés »

Que dire de ce mensonge ? Les données de la DREES sont formelles : Les personnes non vaccinées dans la population française de 20 ans ou plus représentent

  • 44% des admissions en hospitalisation conventionnelle avec Covid-19,
  • 58% des entrées en soins critiques avec Covid-19,
  • et 44 % des morts après hospitalisation avec Covid-19.

Mais ne donnons pas dans le sophisme de la fréquence de base. Les personnes non vaccinées ne représentent que 9% de ces plus de 20 ans.

4. Une maladie qui ne tue presque plus ? Vraiment ?

« Pourquoi vacciner pour une maladie qui ne tue presque plus ? Où sont les morts ? »

A l’heure où Omicron est très majoritaire en France, et malgré des mesures sanitaires inédites, rappelons-lui que le virus fait plus de 200 morts par jour en France.

« Alors il y a beaucoup de chiffres qui ont été gonflés »

Difficile de ne pas voir le nombre de décès annoncé quotidiennement. Qu’à cela ne tienne, Christian Perronne sort la carte complot : les chiffres seraient gonflés. Et le voilà bredouillant une explication vaseuse sur les tests PCR. En résumé, selon lui, beaucoup de patients décédés seraient morts de tout autre chose que de la Covid19 mais, sous le prétexte d’un test positif, la cause de la mort aurait été attribuée au virus. C’est un serpent de mer – dès le début de la pandémie certains accusaient le gouvernement de « gonfler » les chiffres (voir ici).

Il existait effectivement une imprécision au début de la pandémie dans les chiffres communiqués par Santé Publique France : l’outil Si-Vic (Système d’information pour le suivi des victimes) mis en place après les attentats de novembre 2015 et qui servait à suivre les hospitalisations a montré des limites. Elles ont été comblées dès l’automne 2020 puisqu’il a été demandé aux établissements hospitaliers de distinguer entre morts « du covid » et morts « avec covid » (voir par exemple cet article).

5. « Le scandale des femmes enceintes » et la rapidité de la mise sur le marché des vaccins anti-covid

Oui la rapidité d’obtention de ces vaccins est une prouesse. Ce sujet a été maintes fois abordé également, dans ce blog comme ailleurs. Comment a-t-on réussi ce tour de force ?

  • La recherche était particulièrement concentrée sur le sujet, les fonds alloués étaient très importants,
  • La recherche sur les vaccins ARNm était déjà amorcée bien avant la pandémie (cf. la recherche sur un vaccin pour SARS-Cov-1)
  • Le recrutement des participants pour les essais cliniques a été extrêmement rapide
  • Le recueil de données a été obtenu très rapidement (l’exposition à SARS-Cov-2 des participants aux essais cliniques a été quasi-immédiate étant donné le contexte),
  • L’étude des différents dossiers encadrant ce type d’essai a été prioritaire.

Cependant, la même rigueur d’évaluation de l’innocuité et de l’efficacité des vaccins a été requise.

Aucune description de photo disponible.
Crédit Hervérifie

Au sujet de ce que Perronne appelle « le scandale des femmes enceinte », Olivier Picone, gynécologue obstétricien à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes lui répond dans cet article.

6. Une absence de données scientifiques sur le nombre de doses nécessaires ?

S’il restait bien une inconnue à l’issue des essais cliniques ouvrant à l’autorisation de mise sur le marché des vaccins anti-covid, c’était la durée de protection qu’ils conféraient. Mais ce sont bien des études scientifiques, notamment celles réalisées en Israël, qui ont permis de déterminer la nécessité d’une deuxième dose puis d’un booster. Il est assez étonnant venant de la part de quelqu’un se présentant comme un « spécialiste de la vaccination » d’ignorer que les ajustements du calendrier vaccinal ne se font pas au doigt mouillé, mais se basent sur des études rigoureuses. Et elles ont été très nombreuses dans le cas du covid19, faisant face à la multiplication des variants et à l’évolution de la situation épidémique (exemples – non exhaustifs, il va sans dire – ici, ou encore ). Comment les ignorer ? N’a-t-il pas accès au moteur de recherche PubMed comme tout un chacun ? Ne lit-il pas non plus les avis du Conseil Scientifique Covid19 et sa bibliographie très fournie ?

7. Arguments fallacieux en pagaille

La suite de son plaidoyer étant une série d’affirmations sans fondements – qui a été débunkée de nombreuses fois – nous ferons court. Cet article est déjà long…

L’EMA (European Medicines Agency) a-t-elle avoué ne pas connaître la composition totale des vaccins anti-covid ?

C’est une affirmation grotesque. La composition précise de ces vaccins est parfaitement connue. C’est un fantasme assez courant chez les antivax (voir par exemple cet article).

Les vaccins anti-covid sont-ils responsables de 36 000 morts en Europe ?

Non, non et non. Nous avions déjà expliqué ce mésusage des chiffres d’Eudravigilance dans un précédant article, nous vous y renvoyons si besoin (c’est ici). Une méprise aussi grossière de la part de Christian Perronne est difficile à admettre. A noter qu’il déclamait la même ânerie en automne dernier (voir ici).

Les vaccins sont-ils responsables de la mort de centaines de jeunes sportifs ?

Toujours pas. Christian Perronne collectionne les fake news. Il exploite ici le triste phénomène des morts subites chez les sportifs. Chaque année en France, une petite cinquantaine de jeunes sportifs en sont victimes. Or, il n’existe aucune augmentation du nombre de cas en 2021 (voir cet article).

Existe-t-il une augmentation des morts par cancer après la vaccination ?

Étrange affirmation qui sous-tendrait une cancérisation foudroyante. Nous n’avons rien trouvé de tel dans la littérature scientifique. En revanche, il est indéniable que la pandémie a perturbé l’accès aux soins et aux traitements contre le cancer ; une augmentation du taux de mortalité par cancer pourrait donc être observée.

Est-ce que l’épidémie est terminée dans les pays qui ont arrêté la vaccination ? L’exemple de l’Inde serait flagrant.

Son exemple est particulièrement bien choisi. L’Inde est en plein redémarrage épidémique.

Les cas de COVID-19 sont en hausse avec 302 157 nouvelles contaminations recensées en moyenne chaque jour. Cela représente 77% du pic des infections — le nombre moyen le plus élevé de cas de contamination quotidiens a été reporté le 9 mai.

Source : https://graphics.reuters.com/world-coronavirus-tracker-and-maps/fr/countries-and-territories/india/

Quant à l’arrêt de la vaccination là-bas, il n’est pas avéré et il semblerait qu’il n’est pas prévu pour tout de suite (voir cet article).

Tout serait illégal ? Les vaccins seraient encore en phase expérimentale ?

Un autre serpent de mer. Répétons-le, non, les vaccins ne sont plus en phase expérimentale (les essais cliniques de phase III étaient terminés en ce qui concerne l’innocuité et l’efficacité des vaccins pour la population générale). Cet argument repris régulièrement par l’extrême droite française est démystifié dans de nombreux articles de fact-cheking, notamment celui-ci.

8. Dernier atout, l’appel à l’émotion

Le temps imparti arrivant à sa fin, Christian Perronne n’hésite pas à jouer la carte de l’appel à l’émotion en nous narrant la triste histoire de deux jeunes filles décédées, l’une à 17 ans d’une crise cardiaque, l’autre à 20 ans d’une embolie pulmonaire. On ne peut qu’éprouver de la tristesse et de la compassion pour ces cas. Cependant, tâchons de garder la tête froide. Le nombre de cas d’infarctus du myocarde n’est pas si rare chez les jeunes personnes. Loin d’être majoritaire chez les moins de 15 ans, l’infarctus du myocarde s’élève tout de même à 1.5% des cas, d’après cette étude. Quant aux embolie pulmonaires, si elles sont rares chez les adolescents, elle ne sont pas inexistantes.

Monsieur Christian Perronne aurait-il l’outrecuidance de tirer des conclusions scientifiques sur le base de deux témoignages ?

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