Laurent Mucchielli et la vaccination contre le Covid

(Cet article est un débunk collectif, réalisé par Les Vaxxeuses, Stop à la Propagande Anti Vaccins, et Vaccins France-Informations et Discussions)

Ce chercheur du CNRS publie régulièrement des articles sur le blog de Médiapart (qui n’est pas à confondre avec Médiapart lui-même).

Il s’est déjà fait épingler pour ses interprétations erronées, en particulier sur la soit disant absence de surmortalité liée au Sars Cov-2. Il fait partie des « rassuristes« , qui annoncent que le virus fait peu de morts, et qu’il faut laisser la population atteindre l’immunité collective en se contentant de fournir des masques FFP2 aux plus fragiles.

Nous allons ici nous intéresser à ses deux derniers articles :

Premier article : La vaccination covid à l’épreuve des faits. 1ère partie, les chiffres de l’épidémie

Dans un billet en date du 20 juillet, Laurent Mucchielli réussit le tour de force de prouver en à peine une centaine de lignes que les biais cognitifs touchent aussi bien les éminentes matières grises du CNRS que le reste de la population.

Petit tour au pays des scientifiques hors de leur domaine de compétence :
Le billet commence par un tir tendu en direction du gouvernement, pour accuser le
pouvoir en place. Il cite une allocution du président Macron ((1) :

« Je veux aussi être clair : je ne rendrai pas la vaccination obligatoire », déclarait Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée le 24 novembre 2020. Il s’agissait d’un mensonge), et continue :

« le président de la République, le Premier ministre, le ministre de la Santé et tout le
gouvernement ne cessent d’appeler par tous les moyens à la vaccination intégrale ».

Je ne vois pas la contradiction entre inciter et promettre de ne pas rendre obligatoire. Passons.
Quelques lignes plus bas, le gouvernement cherche à :

« effrayer la population avec un variant delta ».

Est-ce à dire que le variant delta a été produit par le gouvernement ? Derrière
cette formulation accusatrice, il y a une méconnaissance totale de la dynamique du
variant nommé et des risques associés. Si le variant delta semble en effet bien moins
dangereux que l’alpha, à l’échelle individuelle, il présente plusieurs caractéristiques qui en font un ennemi à craindre :

1- Sa vitesse de diffusion à l’échelle mondiale, très rapide, faisant basculer l’équilibre de la course contre la montre de la recherche d’un traitement curatif, des campagnes vaccinales et des efforts pour endiguer la pandémie en général,
2- Son taux de réplication dans l’organisme (plus de 1000 fois supérieur à l’alpha),
faisant risquer l’émergence de nouveaux variants aux propriétés inconnues,
3- Une moins bonne protection par les vaccins en place (personne ne dit le contraire),
contribuant aux risques énoncés en 1 et 2.

Ensuite, toujours en introduction, Laurent Mucchielli annonce que le gouvernement (décidément bien mal intentionné), prétend :

« que la vaccination protège presque totalement (« 95% ») tant du risque d’infection que du risque de formes sévères de la maladie (et donc, au final, du risque de décès) ».

Cette information n’est pas sourcée. Que sait-on à ce sujet ? Ces chiffres s’appuyaient sur une étude israélienne, publiée en juillet, avant que le variant delta ne devienne majoritaire.

A ce jour, les données concernant la protection vis-à-vis de ce dernier montrent une différence de protection après une seule dose de vaccin, mais des niveaux de protection proches après un schéma vaccinal complet.

Après cette introduction truffée d’erreurs, Laurent Mucchielli nous entraîne bien loin de
la sociologie, dans le domaine de l’épidémiologie, pour nous montrer qu’on peut avancer une dizaine de graphiques, dire n’importe quoi dessus et conclure par ces mots :

« Sans qu’il soit besoin de procéder à de longs et compliqués calculs, l’examen de ces quelques données statistiques de base (la vaccination, les cas positifs, la mortalité) suffit à montrer que la réalité de la dynamique des épidémies suscitées par les différents variants du Sars-Cov-2 n’a pas grand-chose à voir avec les discours politico-médiatiques vantant le miracle vaccinal. »

Bim ! Je vous ai bien montré plein de chiffres, et de toute façon y’a pas besoin d’être expert pour voir que le gouverne-ment !

Dans ce survol d’analyse, aucune contextualisation, aucune étude des caractéristiques
démographiques des populations effectivement vaccinées, ni des populations retrouvées dans les services de réanimation et même deux ou trois aveux d’erreur du type :

« soit que la vaccination protège effectivement des formes graves. » (§ Gibraltar) ; « soit que la vaccination y est efficace contre les formes sévères. » (§ Royaume-Uni).

Il nous explique,sereinement, que de toute façon, l’épidémie s’arrête l’été, à quelques lignes de graphiques montrant :

« là aussi une remontée des cas positifs en juillet, sans lien avec la mortalité là
non plus. Les mêmes constats s’observent également au Danemark et en Israël (reprise
en juillet) »…

A propos de l’épidémie en Israël, qui fait beaucoup jaser puisque ça a été le
premier pays massivement couvert par les vaccins anti-SARS-CoV2. S’il est établi que le
variant delta a causé et cause des infections parmi les vaccinés, ce que personne ne nie, Laurent Mucchielli, pétri de bonnes intentions, oublie juste de préciser que la mortalité n’est pas du tout en regard du pic épidémique…


Dans sa conclusion, Laurent Mucchielli ose d’abord prétendre que la vaccination est moins souhaitable que l’immunité « naturelle » (nous rappelons qu’à l’heure actuelle, la pandémie laisse derrière elle plus de 100’000 morts en France et 4 millions dans le monde, et elle n’est pas finie). Une ville de la taille de Sydney rayée de la carte. Les vivants ne sont pas morts, merci Laurent. Et les 10-15% d’infectés souffrant de covids longs, en rééducation, ou souffrant de myocardites sont également bien contents d’avoir échappé à cette vaccination qui ne leur offrait « que 95% » de protection contre une forme grave. Merci les « résistants ».

Argument suivant de la conclusion, la faible mortalité du variant delta, qui en ferait un
bon candidat à laisser circuler pour construire une immunité collective naturelle. Je vais
traiter en une fois cette proposition et l’intervention de Christian Vélot qui s’est une fois
de plus illustré par ses positions antivaccinalistes étayées par des arguments bidons.

Selon lui :

« Certains généticiens (voir notre entretien avec Christian Vélot) préviennent d’ailleurs
du risque que la vaccination générale (avec des vaccins génétiques à ARN ou ADN)
contribue elle-même au développement de variants qui pourraient échapper à l’immunité acquise lors de la première épidémie. »

Qu’en est-il ? Sont-ce les vaccinés qui font développer des variants résistants ? Christian Vélot pipe-t-il mot à la virologie ? Les deux questions ont la même réponse. Non.

Pour comprendre, intéressons nous au cycle de vie
d’un virus :

https://arbre-des-connaissances-apsr.org/2020/05/29/le-cycle-viral-de-sars-cov-2/

Infecter une cellule, s’en servir pour reproduire son matériel génétique en des milliers d’exemplaires, qui vont diffuser vers de nouvelles cellules.

Comment apparaissent les variants ? Ils sont le fruit de mutations aléatoires au cours de la réplication du virus.


Certaines n’apportent pas d’avantages, d’autres confèrent des avantages sélectifs et peuvent créer des variants dominants. La vaccination, en freinant la réplication, la
transmission (si si, en tout cas pour les variants autres que le delta, c’est documenté), limite les réplications du virus et donc ses chances de muter.

Plus le virus circule, plus il y a de risques de voir émerger de nouveaux variants. C’est donc chez les sujets permissifs, donc ceux qui ne veulent pas se vacciner, ceux qui ne peuvent pas se vacciner et ceux chez qui la vaccination n’a pas entraîné d’immunité, que le virus a le plus de chances de muter.

Ce qui peut se produire chez les vaccinés, dans des populations avec un niveau de vaccination intermédiaire, c’est qu’un variant résistant à la protection puisse devenir dominant par circulation chez les vaccinés. Mettant à mal la politique de vaccination. Donc si politique vaccinale il y a, il est primordial que ça aille vite et que ça couvre bien.


En conclusion, en usant d’un argument d’autorité en tant que chercheur CNRS, Laurent
Mucchielli se positionne du côté des « pro-virus », et participe activement à sa diffusion, et augmente le risque de voir émerger des variants à risque y compris pour les vaccinés.

Voilà pour le premier article.

Deuxième article : La vaccination covid à l’épreuve des faits. Deuxième partie : une mortalité inédite.

Suite logique de l’article précédent, l’article commence par une affirmation choc : le Dr Fauci lui-même aurait reconnu que la vaccination est inutile contre le variant delta, la preuve, il appelle à remettre les masques, même en intérieur. Sauf que…

Et non, ce n’est pas ce qu’il a dit ici : dire qu’il faut que les vaccinés portent le masque dans les lieux de forte circulation du virus ne veut pas dire que le vaccin ne sert à rien. Souvenez-vous : il n’est pas efficace à 100%. Et avec le variant delta, on peut être quand même contaminé, même si les risques de faire une forme grave sont faibles.

L’article donne comme preuve supplémentaire que les personnes se rendant au Royaume Uni, même complètement vaccinées, doivent subir une quarantaine. Sauf que… ce n’est le cas que pour les français, à cause de la prévalence du variant Beta dans notre pays.

Les affirmations chocs se succèdent, où les auteurs de cet article de blog qualifient de mensonge la quasi disparition des formes graves du Covid grâce à la vaccination. La preuve, Israël ferme ses frontières aux touristes vaccinés, paraît-il. Sauf que… il y a des bémols : ce n’est pas totalement fermé (des groupes respectant des conditions drastiques, tests PCR à l’appui, peuvent rentrer), et c’est lié à l’insuffisance de la couverture vaccinale dans le pays. Pas à son inefficacité.

Cette affirmation de la non efficacité du vaccin contre les formes graves avait d’ailleurs déjà été propagée par un des auteurs de cet article.

De la même manière, se gausser du fait que la majorité des patients faisant des formes graves, en Israël, sont des vaccinés, ne prouve qu’une seule chose : les auteurs de cet article ne sont pas calés en mathématiques : Déjà, c’est 40% des hospitalisés qui sont totalement vaccinés, et pas la majorité.

Si vous avez 87% de vaccinés, et 13% de non vaccinés, avec un vaccin efficace à 90%, cela donne ceci :

https://www.facebook.com/medecinedesnuls/posts/853413318607772

C’est donc au contraire la preuve que la vaccination est efficace, dans un pays où une grande majorité des gens sont vaccinés !

L’article poursuit en accusant les médias de ne plus faire leur boulot, de ne pas parler des effets secondaires graves des vaccins. Sauf que…

Les médias, dont LCI-TF1, en on bien parlé. Mais sans s’emballer, en attendant d’avoir des données solides avant de conclure. Ce qui est le travail normal d’un journaliste !

L’article semble ensuite découvrir le fait que les remontées de pharmacovigilance sont fait surtout par les professionnels de santé. Mais cela n’empêche pas les patients qui le souhaitent de la faire.

Et nous assistons à une énième redite de « les effets secondaires graves ne sont pas assez reportés », le tout assaisonné par les chiffres de l’ANSM et autres agences de surveillance, sans aucun recul. Nous l’avions déjà analysé ici. C’est visible dans les articles précédents du blog. Nous avions déjà également démonté la mauvaise interprétation de ces données, faite par d’autres personnes usant de leurs titres médicaux pour « en imposer ».

En bref, ils prennent les effets secondaires remontés, mais ne vérifient pas si les cas signalés sont plus fréquents chez les vaccinés que chez les non vaccinés.

Si on regarde les rapports de l’ANSM, on voit en effet que les cas sont remontés, mais qu’il n’y a alerte que si une situation n’est pas attendue par rapport à la population générale. Il ne faut pas oublier ceci :

Il est sérieusement regrettable que des personnes qui prétendent s’exprimer en tant que scientifiques aient oublié ce fait, et se servent de leur CV pour répandre des intox.

Publié par Vaxxeuse3

Admin de la page des Vaxxeuses (une parmi tant d'autres), habituée à rédiger des articles, et toujours dans la vulgarisation scientifique.

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