17 000 décès en Europe liés aux vaccins anti-covid19 ? C’est faux !

Vous avez sans doute vu passer, avec stupéfaction, ce post montrant le nombre d’effets secondaires et de décès post-vaccination, et ce pour chacun des vaccins actuellement sur le marché.

Effrayant ? hum..

Pas vraiment, et on vous explique ici pourquoi ce visuel est trompeur :

Cette affirmation trompeuse s’appuie sur des données de l’Agence européenne des médicaments (AEM) ; des chiffres de décès sont effectivement disponibles dans cette base pour chacun des vaccins homologués en Europe. Il suffit de se rendre sur le site d’Eudravigilance, puis dans Rapports sur les effets indésirables suspectés des médicaments pour les substances et sélectionner la lettre C. Vous aurez alors alors accès à tous les événements rapportés pour chaque vaccin anti-Covid utilisé dans l’Union européenne (Moderna, Comirnaty de Pfizer-BioNtech, AstraZeneca et Johnson&Johnson). Pour chacun, vous pourrez consulter l’onglet Number of Individual cases for a selected reaction (nombre de cas individuels pour une réaction sélectionnée) un chiffre répertoriant des décès (Outcome : fatal).

Voilà, c’est simple, accessible et surtout ça fait trèèèès peur !!

Sauf que le site précise d’emblée que son contenu ne reflète « aucune confirmation d’un lien potentiel entre le médicament et le(s) effet(s) observé(s) ».

Les médecins et les particuliers peuvent y faire remonter l’existence d’effets secondaires potentiels apparus plus ou moins longtemps après une injection, pour lesquels les autorités de pharmacologie devront enquêter pour déterminer si un lien peut ou non être établi avec le vaccin.

Ainsi, contrairement à ce que les publications affirment, ce total de plus de 15.000 ne constitue pas un bilan de la vaccination.

« Dans la vie réelle, les gens meurent, ont des infarctus, des thromboses, des cancers… Donc vous allez voir tous ces événements mais ça ne veut pas forcément dire qu’ils sont liés à la vaccination. Ce qui aurait été étonnant c’est qu’on ne déclare pas de décès après la vaccination »

Déclaration à l’AFP de Jean-Daniel Lelièvre, chef du service des maladies infectieuses de l’Hôpital Henri-Mondor à Créteil et expert sur la question des vaccins à la Haute autorité de Santé, au sujet de cette base de données – mars 2021.

En outre, « Il est important de noter qu’une déclaration d’effet secondaire peut contenir plus d’une réaction suspectée et que ces réactions peuvent être classées dans différents groupes de réactions. Par conséquent, la somme du nombre de cas mortels par groupe de réactions ne donnera jamais le nombre total de cas mortels », a expliqué l’agence, prenant l’exemple d’un patient ayant souffert de vomissements et de maux de tête après la vaccination. Ce patient sera alors « comptabilisé dans le groupe de réactions ‘troubles gastro-intestinaux’ et dans le groupe de réactions ‘troubles du système nerveux' », qui ne sauraient donc être additionnés selon l’EMA.

En revanche, l’EMA a bien reconnu en avril que les caillots sanguins doivent être répertoriés comme un effet secondaire « très rare » des vaccin AstraZeneca et Johnson & Johnson contre le Covid-19. Elle a reconnu dans les deux cas « un lien possible » entre ces vaccins et « de très rares cas de caillots sanguins inhabituels associés à des plaquettes sanguines basses », tout en estimant dans les deux cas que les bénéfices l’emportent sur les risques. Pour le vaccin AstraZeneca, l’EMA estime le risque de tels caillots à 1/100 000.

Pour un total de plus de 68 millions d’injections en France, près de 60 000 déclarations d’effets indésirables ont été analysées par les CRPV (centres régionaux de pharmacovigilance). La grande majorité de ces effets indésirables sont attendus et non graves : indurations, maux de tête, fatigue, fièvre.

Ces premières données de surveillance ainsi que la surveillance réalisée au niveau européen et mondial, confirment la balance bénéfices/risques très favorable de l’ensemble des vaccins utilisés en France dans les populations ciblées par la stratégie vaccinale.

Visualisation des bénéfices et risques de la vaccination avec Comirnaty de Pfizer-BioNtech pour les hommes de la tranche d’âge 40-50 ans – graphiques réalisés à l’aide d’un outil développé par le Dr Viet-Thi Tran, le Dr Stéphanie Sidorkiewicz et le Pr Philippe Ravaud de l’équipe METHODS, Centre de Recherche Epidémiologie et StatistiqueS (CRESS), Université de Paris/INSERM, UMR 1153

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